Julia Kerninon
Années de présence
Née en 1987 à Nantes, Julia Kerninon est l’une des voix importantes de la nouvelle génération. Docteure en littérature comparée, elle vit avec, par et pour les livres. Elle est à la fois romancière, traductrice, essayiste, et enfin poète. Ses précédents romans ont été couronnés de prix, salués par la critique et traduits à l’étranger. Au-delà de l’œuvre, Julia Kerninon est devenue une voix de référence sur les questions de maternité et d’égalité entre les femmes et les hommes : ses prises de parole prolongent son geste d’écrivaine. Grâce à son écriture, à la fois minutieuse et flamboyante, Julia Kerninon nous emporte au plus profond des pensées et des émotions de ses personnages.
Barbara est son premier album jeunesse.
La dernière des Wilberforce (L’Iconoclaste)
La presqu’île est toujours d’une beauté poignante lorsque Waldo y revient, dix ans après. Sa mère, Diane Schnabel, écrivaine célèbre, a organisé une fête ce samedi d’été, dans la maison qu’elle a achetée après le succès de son premier livre. Avant, les fêtes se tenaient à l’hôtel Wilberforce, du temps des étés heureux, quand la famille Schnabel y séjournait pendant deux mois.
Ils étaient quatre enfants du même âge. Les filles Wilberforce, Annabel et Olivia, étaient les enfants chéries de la presqu’île et, dans leur sillage, Adam et Waldo vivaient des heures inoubliables à courir dans les dunes et se baigner. Puis ils avaient grandi. Les jumeaux cosmiques, comme ils s’appelaient, étaient devenus adolescents. Annabel la cheffe de bande était de plus en plus frénétique quand Adam, lui, s’était recroquevillé dans son mutisme. Et soudain, l’une avait été retrouvée noyée et l’autre suicidé.
Dix ans ont passé, donc. Et Diane organise cette fête fastueuse à laquelle elle a convié la petite communauté de l’île ainsi que les protagonistes de cette double tragédie. Max, le père des garçons, Eva, la mère des filles, longtemps la meilleure amie de Diane, ainsi que sa troisième fille, Naomi, qui n’était qu’une enfant à l’époque. Il fait un temps radieux, l’air sent le sel et les pins. C’est comme si le passé était retrouvé. Mais à la nuit tombée, la fête se transforme en un théâtre de révélations, où chacun doit regarder en face ce qu’il a fait, ignoré ou tu.
Le septième roman de Julia Kerninon est une grande traversée de vingt ans, durant laquelle on croise une galerie de personnages. Un des choix littéraires les plus forts du projet : ne pas montrer les violences sexuelles.
Rien de spectaculaire, rien d’explicite. Le roman travaille le hors-champ, les détails négligés, les phrases éloquentes, les regards déplacés. Avec une grande subtilité d’écriture, elle joue sur la multiplicité des points de vue, jusqu’au dénouement final.
Barbara (La Martinière jeunesse)
Quand Barbara devient une assez grande souris, elle prépare un baluchon, fait un bisou à ses parents et à chacun de ses quatre-vingtdix-neuf frères et sœurs, et elle part. Après d’étonnantes rencontres, elle embarque comme cuisinière sur un bateau et devient un véritable marin, vivant mille aventures. Et puis, une fois qu’elle a fini de voyager et qu’elle a vu comme le monde est intéressant, Barbara se met en quête d’une maison pour y vivre sa destinée de petite souris : veiller sur deux petites filles et leurs quarante dents de lait.
Un album fantaisiste et inspirant sur la nécessité de poursuivre ses rêves et d’alimenter sa curiosité.
Illustré par Claire Schvartz, dès 4 ans