Cléa Chopard
Années de présence
Cléa Chopard est écrivaine et traductrice suisse. Titulaire en 2012 d’un bachelor à la HEAD-Genève (Haute école d’art et de design, option Art/Action), elle obtient en 2015 un master à la Haute école des arts de Berne (option littérature et traduction). Elle y a assuré des ateliers d’écriture et est désormais tutrice pour les étudiant-e-x-s du Workmaster. Membre du comité de rédaction de la revue littéraire L’Ours Blanc, elle y a publié plusieurs traductions. Ses textes de poésie ont paru dans plusieurs revues (L’Ours Blanc, entwürfe, Papier/ Machine, Loop…) et anthologies. Depuis 2020, Cléa Chopard a traduit plusieurs textes d’Erica van Horn pour les éditions Héros-Limite, L’Ours Blanc et EstepaEditions. Cléa Chopard est régulièrement invitée pour des performances ou des lectures-performances en Suisse et à l’étranger. Elle a obtenu plusieurs résidences d’écriture ou de recherche. Ses projets en cours lui ont valu d’être sélectionnée pour le programme loop#2 proposé en 2026 par le théâtre de Sévelin à Lausanne, pour y développer une recherche autour du trauma et du mouvement en collaboration avec l’artiste Stéphanie Barbetta.
Topolalie (Héros-Limite)
D’emblée, le recueil de Cléa Chopard échappe à toutes formes de classification : il est à la fois un récit en prose, un long poème, ou encore le relevé clinique d’une jeune femme confrontée à des expériences qui la dépassent, ce que la psychiatrie nomme des « états limites ». Topolalie aspire à faire résonner ces états-limites du corps, de l’être et du langage, arpentant des territoires obscurs sur lesquels la raison a peu de prises. Tout au long du texte et via le travail de l’écriture, la narratrice tente de se dépsychanaliser.
« Topolalie trace les réseaux de sens impossibles d’un corps marqué par la crise, celui de Della, amas pathologique sans biographie qui manque sans cesse de se constituer comme un personnage à part entière. […] Sans qu’on sache jamais qui prend en charge la narration (une narratrice extérieure, Della elle-même, plusieurs voix qui s’entrecroisent ?), le texte explore une réalité aux limites floues, où la frontière entre le dedans et le dehors reste insaisissable, où les perceptions changeantes détruisent toute possibilité d’une image stable de soi et du monde, où les actes d’auto-agressions deviennent l’unique recours pour faire tenir le réel.» – Cléa Chopard
Un langage de la rupture se cristallise alors dans cet environnement instable pour donner une forme à l’absence de sens avec laquelle elle se débat. Le tout dans une langue poétique qui se révèle pur émerveillement.